Partager l'article ! Elle s'appelle Sarah: Un charme irrésistible, une autorité sans partage. Mais qui se cache donc derrière la belle Sarah ? Au fond, je ...
Un charme irrésistible, une autorité sans partage. Mais qui se cache donc derrière la belle Sarah ?
Au fond, je ne suis pas sûre que ce soit là l’essentiel. Sortie d’un quasi anonymat, la gouverneuse aux 700 000 âmes déchaîne les passions, enflamme les meetings politiques comme une rock
star, bref, ici on ne parle plus que d’elle, on ne voit plus qu’elle. On oublierait presque que John McCain est le candidat républicain aux élections présidentielles américaines. Certains
dans son camp s’en inquiètent déjà, mais pas moins que le parti démocrate qui ne sait plus où quel est son adversaire.
Que s’est-il donc passé ?
L’explication me semble triviale : les américains aussi voulaient leur femme, leur « hockey mum », rassurante, cajoleuse, entrainante. Elle a enfoncé tous les clichés la merveilleuse Sarah : cinq enfants, l’héroïsme d’une mère courage protégeant son enfant trisomique, le sens des responsabilités face à son ado enceinte, le sacrifice du fils envoyé sur le front en Irak, l’éloge inconditionnel d’Hillary qui s’en trouva totalement scotchée, le pipeline alaskain promis pour ravitailler en énergie l’Amérique toute entière. Mais surtout, esprit aiguisé, Sarah s’est installée dans l’ombre du vieil et respectable leader. Elle a éclipsé la non moins séduisante Cindy, épouse d’exception du candidat républicain et campe le rôle d’une 1st lady des temps modernes, travailleuse, impliquée, autorisée à prendre la parole. Qu’elle vienne en second, contente finalement tout le monde : Cette femme là est parfaite, droite, élégante, l’œil pétri d’intelligence, mais derrière le maître, toujours. Protectrice et protégée, rôle modèle jugé sans expérience, elle défie toutes les contradictions. L’Etat major de Barack n’a pas prise, la Madone est au-dessus des attaques, elle cultive le modèle. Evidemment, ça m’énerve, car tant de mauvaise foi pour gagner et se donner bonne conscience me hérisse. Et pourtant, sans être dupe de cette îcone instrumentalisée, je ne manque pas une seule intervention de Sarah, ne trouve aucune faille dans son discours impeccable, admire tant de détermination vers la cible inespérée qui lui est offerte. Un souffle de fraicheur a dissipé l’ambitieuse, tyrannique et cacique ultraconservatrice. L’Amérique a besoin de rêve, ses média lui font cadeau de Sarah.
Bravo Capitaine Mc Cain, quel coup de maître !